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    Le cri le surpris à un tel point qu'il en échappa tout ce qu'il avait dans la main, fusil y comprit . En ramassant son fusil, il écrasa sa cigarette par mégarde, « et merde » lâcha-t-il. 

    Et impossible d'en refaire une autre, tout le paquet avait été renversé, et le tabac éparpillé par le vent.

    Le cri venait de loin mais l'entendait bien. Il n'arrivait pas à définir ce que le cri avait d'aussi étrange, mais il lui sembla qu'il avait quelque chose de douloureux et surtout, quelque chose d'humain. Captivé par le cri, il ne s’aperçut que tardivement de l'autre grognement qui s'approchait de lui. Et lorsqu'il s'en aperçu, c'était trop tard, le loup était déjà à deux pas de lui.  Surpris, il  recula et butta sur une pierre. Il échappa son fusil en tombant. Il essaya de le récupérer, en vain.

    Le fusil se trouvait exactement entre lui et le loup qui avançait toujours lentement, très lentement. Antonin, lui était bêtement par terre , à quatre pattes, tétanisé par la peur faisant face au loup, la main tremblante tendu vers son arme qu'il n'osait pas récupérer. Le loup avançait toujours. Antonin commença à reculer lentement en essayant de se dépêcher. Il trébucha et se retrouva assis comme un con faisant toujours face au loup qui avançait.

    Antonin ne pouvait plus bouger, il était paralysé par la peur. Il voulut crier appeler à l'aide, mais sa voix était bloquée. Pensant sa dernière heure arriver, il ferma les yeux.

    ***

    ...Il sent le loup s'approcher de lui. Il est si près qu'il sent sous souffle. La bête a du mal à respirer. Elle semble souffrir . Elle est à présent sur ses jambes . Quelque chose de poisseux s'échappe du ventre de la bête. Antonin le sent bien. Il voudrait savoir ce que c'est mais il n'ose pas ouvrir les yeux. Il ne peut pas ouvrir les yeux. La bête s'allonge sur lui. Elle gémit, elle pleure. Sa gueule ouverte est dans sa main. Il sent ses dents contre ses doigts. La bête sursaute, pousse un cri, sursaute encore, et meure dans ses bras.

     

    ***

     

    Pendant qu'il me racontait son histoire, Il regardait autour de nous pour être sûr qu'on ne nous écoute pas. IL avait l'air terrifié par ce qu'il venait de vivre, mais peut être plus encore par le risque d'être pris pour un fou.

    Il avait gardé la dépouille de la bête, et il voulait que je la vois avant de l'enterrer. Il voulait me monter les blessures et savoir ce que j'en pensais.

    Arrivés chez lui; il me montra l'animal en question, une bien belle louve.

    « -Regarde, me dit-il,comme la pauvre bête a été éventrée. Elle a pissée tout son sang sur mon pantalon. Je me suis demandé ce qui me coulait dessus cette nuit . On croirait que quelqu'un a voulu la dévorer vivante. »

     

    J'étais penché sur le corps de la louve, et ce qu'il venait de dire me frappa comme s'il venait de confirmer ce que je pensait sans pouvoir y croire.

    Nous nous sommes regardé un long moment comme si mutuellement, l'un pouvait lire les pensées de l'autre.

    Oui, il avait bien dit "quelqu'un"  Et apparemment, il se pouvait qu'il ait raison.

    Il était inutile de dire qu'il ne fallait en parler à quiconque. Nous le savions déjà. Soudain il me sembla entendre un bruit à l'extérieur, j'eus l'impression d'être observé. Antonin remarque mon inquiétude, et me demanda ce qui se passait. Je lui répondis que se devait être le bruit du vent. Mais il n'était pas dupe, d'autant qu'il n'y avait pas une once de vent ce jour là.

    Dehors, nous vîmes des traces de pas près de la fenêtre, comme ci quelqu'un était resté planté là sur la pointe des pieds. Ce devait être quelqu'un de petite taille. Nous n'avons jamais su qui c'était. Mais le lendemain, nous avions la preuve qu'il (ou elle) nous avait écouté.

                                                                                                                                                                            

     le bestial suite 3 >>


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  • Le bruit parcouru les alentours sournoisement, puis, il éclata brutalement:

    « Les morsures sur les chiens sont d'origine humaine! »

    Au début personne ne voulu admettre qu'il y croyait. Puis comme il fallait s'y attendre, tout le monde se regardait avec méfiance. Les anciennes querelles oubliées remontaient à la surface et faisaient d'innombrable "parfaits coupables"  qui n'avaient strictement rien à voir avec cette sinistre histoire. Tout le monde accusait tout le monde.  IL leur fallait un coupable à tout prix, et cette nouvelle les arrangeait bien. Il allaient enfin pouvoir faire justice eux-même. Et ils trouvèrent leur coupable. Qui a accusé Thomas le premier? Je n'en sais rien. Mais à mon avis c'est un sombre idiot! Mon pauvre Thomas, il lui arrive bien de jeter des cailloux aux chiens de temps en temps. C'est vrai qu'il les déteste depuis qu'un sale cabot l'a défiguré quand il était tout gamin. Mais il est incapable de leur faire du mal, il en a peur. Il est incapable d'en approché un de près. Alors en égorger un avec ses dents... Et puis, pour faire une chose pareil il fallait être extrêmement fort. Et ce n'était vraiment pas le cas de notre Thomas. Thomas, c'est un peu l'idiot du village. D'habitude tout le monde l'aimait bien et même le respectait. Quand je vois comment les gens peuvent changer d'avis sur une personne quand ça les arrange, ça me rend malade. c'est vraiment lamentable!  

    Un matin, la mère à Martin est venu me trouver. Elle était complètement affolée. Elle m'a raconté ce qui ce passait avec peine tellement elle était essoufflée d'avoir couru. La pauvre elle c'est qu'elle est loin d'avoir une taille de guêpe, enfin bref. 

    Le Matin même, son mari le Louis, un autre Louis, pas celui de la Marie, avait découvert le chien de leur fils Martin , dans la cour, tué comme les autres. Le chien avait voulu sortir dans la nuit et Martin n'avait pas eut le cœur de l'en empêcher,(ce con là aussi!). A la suit de cet évènement, le village était devenu fou et s'en était pris à Thomas. Heureusement que la Marthe a la tête sur les épaules s'en quoi Thomas serait mort. Quand nous sommes arrivés, Le Louis nous attendait:

    -Vite! vite! Dépêchez-vous, ils vont le tuer. 

    Effectivement. Ces cons-là s'apprêtaient à le lapider. 

    La foule était là autour de ce pauvre Thomas qui était recroquevillé par terre comme une bête prise au piège. Résigné, il attendait la mort. Nous avons essayez de les raisonner, mais ils ne nous écoutaient pas, à croire qu'ils ne nous voyaient même pas. Ils n'ont réagit que lorsque le coup de feu a claqué. Le maire et l'Ernest étaient là derrière nous à coté de la Marthe qui soufflait comme un boeuf. Ils pointaient chacun une arme sur la foule:

    -Le premier qui lance sa foutu pierre sur Thomas je l'abats sans aucune somation, ni pitié! a gueulé le maire.

    -Baannde deeuuh cul! J'va vous trouer la panse moué si vous touchez au ptiot! a ajouté l'Ernest. 

    Une voix dans la foule a répondu:

    -Combien de chien va-t-il encore tuer? Et s'il venait à s'en prendre aux enfants? Cette fois c'est le chien du Martin qu'il a tué! Un chien d'aveugle,ce n'est pas tolérable. Et Mathieu qu'est devenu fou! Quand est-ce que ça va s'arrêter? 

    Un brouhaha surgit de la foule. 

    -Il a raison, couina une mégère, il faut tuer le responsable avant qu'il ne tue quelqu'un.

    -Très bien, a répondu le maire, tout calme, alors prouvez-moi qu'il est le coupable, bande de couillons.

    personne ne répondit.

    -J'attends! Vintchou! A gueulé l'Ernest.

    Mais personne ne répondit.

    - Alors! Il y a deux mois c'étaient des démons,des sorcières! Et aujourd'hui vous vous en prenez à Thomas! Bande de cons! Rentrez chez vous. Fermez vos portes et fermez vos gueules.

    Il tira au-dessus des têtes. La foule se dispersa à grands cris, avec une rapidité surprenante, avec en prime l'Ernest qui courait derrière en faisant des moulinet avec son fusil et en criant des:

    -Nididiou,d'nididiou, d'nididiou.

    En quelques secondes il n'y avait plus personne dans la rue. Si je me souviens il y avait un chat. Juste pour nous empêcher de dire qu"'il n'y avait pas un chat dans la rue". Mais je m'égare. Je me retrouvais avec la Marthe, le Louis l'Ernest et le maire. Celui-ci s'approcha de Thomas et l'aida à se relever. 

    -Çà va aller petit. On sais très bien que c'est pas toi. T'en fais pas. On te protègera.

     

      suite 4 >>


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