• La transformation

     La transformation ;     3 Octobre ;   « Six araignées sur un mur six araignées… »     Au début, j’ai cru que je m’étais affolé pour rien, du moins je l’espérais. Mais non, j’en ai eus la preuve. J’ai encore vomi, enfin c’est ce que je croyais jusqu’à ce que je fasse las analyses. J’ai étudié au microscope cette espèce de chose gluante et filandreuse. Et je dois me rendre à l’évidence qu’il s’agit belle et bien d’une substance qui s’apparente à de la toile d’araignées. Maintenant je produit des fils longs, collant et d’une solidité redoutable.   5 Octobre,   Je constate que je suis comme « immunisé » contre les fils. Comment dire ? Je peux en faire des pelotes, comme des pelotes de laine, je peux emballer des choses, de façon solide et hermétique. Les fils collent à tous ce qu’ils touchent, mais chose étrange (est-ce vraiment étrange ?) ils ne collent pas contre ma peau.           8 Octobre,   Je m’y attendais. J’arrive maintenant à produire les fils à volonté. Je suis en train de me transformer, Jusqu’où cela va-t-il aller ? Comment vais-je finir ? J’ai hâte de le savoir. Je devrais être effrayé. Quoique ça m’arrive parfois, mais ça ne dure pas, mon esprits de scientifique, est plus passionner par cette palpitante expérience, d’autant que je suis à la fois le sujet et l’explorateur. Je peux donc étudier tout à mon aise cette chose incroyable qui est en train de se produire.   11 Octobre,   « Cinq araignées sur un mur, cinq araignée… »   Il est arrivé un malheur hier et ça me rend très malheureux. C’est horrible, ce que j’ai fais est horrible !   Je ne comprends pas comment une telle chose à pu se produire. Je n’ai pas pu me contrôler : Alors que je caressais le petit chat, J’ai eu une sorte de pulsion et je l’ai mordu. C’est comme ça que je me suis rendu compte que les crochets qui ont poussés entre mes incisives produisent un venin mortel. J’ai tué le petit chat ! J’ai caressé longtemps le petit corps devenu tout mou, et j’ai pleuré, tellement pleuré, qu’il en était tout mouillé. Et j’ai comme par instinct « vomi » dessus. En fait je l’ai enveloppé dans un cocon de toile, fait de long fils, transparents et blanchâtres, solides et luisants. Et je suis allé déposer la chrysalide à la cave, dans son petit panier, et j’ai mis sa petite balle avec le grelot, avec laquelle il aimait tant jouer, à coté de lui. Dommage, j’aimais bien ce petit animal.   12 Octobre,   J’ai libéré le hamster et le lapin. Ils trouveront bien quelqu’un pour les adopter ; Je n’ai pas envie qu’il leur arrive la même chose.     15 Octobre,   C’est affreux ! Je suis devenu incontrôlable ! Hier j’ai eu envie de me faire une fille ! Enfin, j’avais la trique quoi. Et là, je suis allé chercher la chrysalide du petit chat à la cave. J’avais l’intention de l’offrir à la fille que j’aurais ramené chez moi dans le but de la… enfin bref. Et par instinct, je me suis mis à emballer la chrysalide, enfin, je devrais plutôt dire, le cocon. J’ai emballé le cocon comme un paquet, mais avec du papier cristal. Une couche, puis deux puis trois, encore et encore…Je suis devenu fou. Certaines araignées mâles font cela avec une mouche et l’offre à la femelle avant l’accouplement, ainsi le mâle ne se fait pas dévoré par leur partenaire après l’acte. Le temps que l’araignée femelle mais pour “défaire le paquet’’ le mâle est déjà parti. Malheur à celui qui n’a pas pris assez de précaution. J’ai laissé le paquet à la maison, et suis allé aux putes car je n’avais pas envie d’attendre. Mais qu’est-ce que j’ai écris ? « Aller aux putes » ! Jamais je ne me serais permis un tel langage avant ma mésaventure, même pas une telle pensé. Enfin bref ! Nous avons fais ce pourquoi je lui avais promis de l’argent. Et j’avais réussi à réfréné cet étrange instinct, je ne lui ai pas offert le sinistre paquet. Tout d’abord j’en ai ressenti un immense soulagement, mais il s’est quand même produit quelque chose d’horrible. A la fin de l’acte, j’ai été pris d’une panique atroce, une peur incontrôlable, abominable, celle d’être dévoré vivant. J’ai vraiment cru qu’elle allait me tuer, me démembrer, de déchiqueter, m’éventrer. Je me suis vu dévoré par cette veuve noire. Alors je l’ai tuée. Je l’ai tout d’abords étranglée, puis comme je l’avais fais pour le petit chat, je l’ai mordu, et elle est morte sous moi. Et, je ne sais pas si c’est l’effet du venin, mais son corps est devenu froid et dur rapidement. Plus rapidement que le petit chat qui lui est resté souple et chaud encore longtemps. Peut être mon venin est-il plus efficace ?   16 Octobre ;   « Quatre araignées sur un mur, quatre araignées… »      Le cadavre de la fille était trop gros pour que je puisse l’envelopper totalement ; Alors je l’ai découpé en morceaux. La tête, les quatre membres, et j’ai scié le tronc en deux. Ça a été très facile car le sang était tout coagulé dans ses veines. J’ai maintenant, sans compter le chat, sept cocons qui attendent à la cave. Ils attendent d’être mangés.   20 Octobre ;   Mes yeux sont totalement noirs à présent. J’ai perdu tout mes cheveux, et mes autres poils aussi, et ma peau me parait plus dure aussi. J’ai fais un test ; j’ai essayé de me taillader l’avant bras avec une lame de rasoir, non pas que je voulais me suicider. Mais j’ai eu comme une intuition. Une intuition qui me semble justifiée. Je n’ai pas pu y arriver. Les arachnides ont un exosquelette, est-ce que c’est ce qui m’arrive ?     25 Octobre ;   La peau de mes bras et de mes jambes est de plus en plus dure, celle de mon dos aussi. Mais ça ne gêne pas pour bouger. Par contre j’ai remarqué quelque chose de nouveau. Est-ce que c’était là avant ? Est-ce que c’est tout récent ? Je ne sais pas. J’ai des marques sur le corps. Comment les décrire ? Se sont des bandes sur le tronc, le long des bras et sur le ventre. Un peu comme si j’avais serré mes bras contre moi assez fort pour y laissé des traces.   26 Octobre ;   Bon sang qu’est-ce que ça me gratte ! Les plaques ont enflées. En une seule journée elles se sont misent à faire un renflement.   28 Octobre ;   C’est effrayant la rapidité à laquelle ça évolue. Les renflements sont de plus en plus gros. Ça me fait des tuyaux le long des cotes et sur le ventre, ça me gène énormément. Mais, chose étrange, ça ne m’effraie pas du tout. J’ai plutôt hâte de savoir comment tout ceci va se terminer.   30 Octobre ;   « trois araignées sur un mur trois araignée quand l’une d’elle tombera combien il en restera ? » Les “tuyaux’’ comme je les appelle, semble vouloir se détacher de mon corps. Je pense que se sont des bras supplémentaires qui sont en formations.     2 Novembre ;   Confirmation ! Ce sont bien des bras. Ils se sont détachés ses derniers jours. C’était répugnant. Ces nouveaux membres se sont décollés en me laissant des marques sanguinolentes sur le ventre et sur les cotés, ça me déchirait les tissus, ça faisait des filaments de chairs qui ont fini par céder. La douleur était atroce.  J’ai passé ces deux derniers jours à maintenir ces nouveaux bras, car ils ont des mouvements désordonnés. J’ai la chair à vif sur le dessous des nouveaux bras, et sur mon corps.   4 Novembre ;   Je n’en reviens pas à la vitesse à laquelle tout c’est cicatrisés. Je ressens ses nouveaux membres aussi bien que le reste du corps. Par contre, je n’arrive toujours pas à les maitriser. Je les ai bandés contre mon corps. Je les laisserais ainsi jusqu'à ce que je puisse les bouger à mon aise. Tiens, j’y pense, je ne ressens plus du tout le besoin de voyager.   5 Novembre ;   Je suis encore allé “aux putes’’. Les pauvres femmes, je les plains, elles mériteraient mieux que ce funeste sort ; C’est une injuste récompense pour celle qui évitent à d’autres femmes de se faire violer. (Cette pensée m’apaise, car elle prouve que je ne suis pas tout à fais un monstre). Avec elle j’ai réussi à faire un seul cocon, car je sais dorénavant produire des fils en grande quantité, et rapidement.   10 Novembre ;   J’arrive maintenant à faire de très grandes quantités de toiles. J’en ai tapissé tous les murs de ma chambre à coucher, c’est très joli. Ma toile est bien plus belle de celle de n’importe qu’elle araignée. On dirait vraiment de la soie, elle brille légèrement, et quand le soleil la traverse, ça fait plein de petites pointes de couleurs transparentes. La dernière fille que j’ai ramenée chez moi l’a admirée longtemps. Je l’ai laissée s’extasier. Celle là au moins n’a pas compris ce qui lui arrivait ; Elle croyait encore que je l’embrassais dans le cou quand le venin a coulé dans ses veines. Ça me fais maintenant voyons, le chat, plus la fille coupée en sept morceaux, la première que j’ai enveloppée entière, plus celle là, ça me fait, Huit chrysalides. Ou plutôt, huit cocons.     12 Novembre ;   « Deux araignées sur un mur, deux araignées sur un mur… »   Il ne me reste plus que neuf cocons. Hier j’ai mangé le petit chat. J’étais un peu triste, car je l’aimais beaucoup, et je voulais le garder, un peu comme une relique. Mais maintenant ça va mieux. J’avais vraiment faim, et je ne peux plus avaler les aliments qui me nourrissaient jusqu'à présent. Il était tout sec et croustillant à souhait.   14 Novembre ;   J’ai démolie la machine, et détruits mes notes. Ne reste que ce carnet. Toute la maison est recouverte de tenture.   Quelques jours plus tard.   Je me suis totalement fais à cette deuxième paires de bras. Avec ses nouveaux appendices et mes yeux, il est hors de question que je sorte de chez moi dorénavant. Et puis ma demeure est très confortable. J’y ai fais plein de petits tunnels de soie au long desquels j’aime à me promener.   « Deux araignées sur un mur, … »   Plus tard.   Je ne sais plus quel jour on est. Je ne sais pas quand à commencé ce qui m’est arrivé. Ni trop comment d’ailleurs. Je me satisfaits parfaitement de cette nouvelle condition qui est devenue la mienne.   Autre jour ;   J’ai des tas de cocons qui m’attendent à la cave. De toutes les tailles. La dernières fois que j’ai lu le journal, on y parlait de personnes disparues.      Autre nuit ;   A présent, je sors la nuit, parfois. Et je ramène mes proies très facilement avec tous mes bras, j’en ai trois paires à présent La dernière à poussées juste au dessus de mes hanches. Plus rapidement que la précédente. Des bras plus courts, pointus et dépourvus de mains.   Nuit ;   Des rats aussi, dans mes cocons, des gens de passage à leurs dépends, viennent me nourrir. Les cocons d’humains sont très savoureux ; Les premiers trop gros, maintenant je découpe comme la toute première. Mais je préfère les femmes aux hommes. J’ai plein de rats, et le roquet de la voisine venu pisser sur mon tapis de porte. Le dernier cocon fait, un agent d’assurance venu démarcher.   Dernière nuit ;   Je me débrouille seul à présent. Ma vie d’avant n’intéresse plus et ne la regrette pas. Ici mes dernières lignes. Réfléchir comme un humain maintenant me fatigue la tête. Je suis serein, ne regrette rien. On sonne à la porte. Encore un qui me vendre, je ne sais quoi. Les imbéciles, je ne dois pas laisser ma réserve de nourriture s’épuiser. Et puis. « Une araignée… » J’ai faim !