• l'arrivée

     

    "le diamant de Sarah" &3

     

    Elle sorti de l’impasse, résolue. Elle n’avait aucun doute, aucun scrupule. Elle était décidée à allé jusqu’au bout, refusant l’idée du moindre risque.

    Elle prit brièvement le temps de contempler le lieu. Comment pouvait-elle expliquer ce qu’elle ressentait ? Cette étrange sensation ? Elle était dans son souvenir, comme dans un rêve et pourtant bien réel. A la fois passé et présent, identique et différent, réel et irréel. Comment expliquer ?

    -Plus tard !

    Elle n’avait pas le temps de chercher à décrire cette impression aussi difficile à décrire qu’une impression de déjà vécu. Elle referait l’expérience une autre fois, vers une autre période de sa vie…Plus tard.

    Elle était plusieurs mois avant l’agression. Elle trouverait la petite chef de la bande en premier. Celle qui en très peu de temps avait monté tout le monde contre elle, d’abord à l’école, puis dans leur quartier, facile, elles habitaient la même rue.

    De loin elle vit une gamine, sortant de chez elle, qui marchait tassée sur elle-même, le dos vouté. Elle portait une robe orange et laide que sa mère lui avait faite, une robe épaisse, courte à la jupe plissée alors que la mode à l’époque les voulait bleues, légères, longues et presque droites. Elle regarda l’enfant complexée avec dégout, comprenant presque pourquoi on la détestait autant. Elle se rappela alors pourquoi elle détestait les robes et la couleur orange.

    Un groupe de gamines habillées dernière mode la rattrapèrent. Elles l’entourèrent. La plus grande d’entre elles, pourtant la plus jeune commença à se moquer d’elle, parlant avec un ton de bébé afin d’être sûre de bien l’humilier. Elle reconnu son ancienne voisine. Les autres enfants suivirent, ensuite elles l’insultèrent, certaines lui crachaient même dessus. L’une d’entre elle avait amené un long élastique qu’elle lui fit claquer dans la figure. Elle rappelait s’en être plein à sa mère qui au lieu de la défendre lui avait répondu : « tu n’a qu’a te tenir tranquille, arrête d’embêter les autre ».

     Elle ne savait pas se défendre, ne savait pas répondre, le cerveau régulièrement lavé par des principes idiots. Elle en voulait à sa mère. Elle décida que si ce qu’elle allait faire la satisfaisait, elle irait plus loin, plus loin dans ses gestes et dans le temps. Peut être que si sa mère était morte plus tôt, peut être que si elle avait été adoptée elle aurait eut une enfance plus douce.

    Le groupe parti en rigolant, tenant des propos répugnant dans des bouches de filles aussi jeunes. La gamine en affreuse robe orange ne pleura même pas. Sarah comprenait pourquoi : A force d’être persécutée, elle s’était convaincu qu’elle n’existait pas vraiment, qu’elle n’était qu’une partie de la vie des autres, qu’elle faisait partie du décor.


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