• Franck 5: l'initiation (n)

                                    

                                                    Edgard  

     

      
         < De bien étranges amis    
         
    Un an c’était écoulé depuis la mort d’Amanda, Jérôme avait ressenti un grand vide comme tous ceux qui vienne de perdre un être cher. La maison lui semblait glacial, vide, sinistre même parfois. Même le retour du printemps ne lui avait pas remonté le moral.
    Georges avait tout fait pour lui changer les idées. Et Jérôme en avait toujours été reconnaissant.
    Il n’avait pas oublié la première qu’il avait assisté à un opéra. La première fois qu’il avait pris le train de ces vieux trains en bois, un évènement pour l’époque. Tous les voyages fabuleux qu’il lui avait offerts. Des choses simples mais qui était fabuleuses à l’époque. Surtout pour un orphelin quasi élevé au bagne. Puis petit à petit la vie repris son court. Et le chagrin s’atténua. Mais il y avait quelque chose qui le tracassait. Il se sentait très lié à Georges et il n’arrivait pas à définir ce sentiment presque trouble.
    Il s’était assez bien habitué à sa nouvelle vie, il tenait son rôle de : “pupille de MÔsieur le notaire’’ à merveille. Et il devait s’avouer que cela lui plaisait beaucoup. Il avait cru comprendre que le métier de son parrain lui assurait un avenir confortable ; Étant orphelin et Mr le notaire connaissant des personne qui n’avait strictement aucun héritiers, il parvenait à concilier les deux sans laisser personne au début il s’en était offusquer. Mais il avait bien vite admis que puis que la chose ne volait personne si ce n’est l’état, alors bon oui pourquoi pas, un “h héritage d’un richissime parent éloigné’’ faisait parfaitement l’affaire. Et puis un héritage avunculaire cédait 60% à l’état donc le vol n’était pas complet. Mais il avait quand bien deux ou trois “ parents éloignés’’ ce qui lui assurait un avenir assez sympathique.
     S’il avait su…
    Il y avait bien quelque chose qui le tracassait, c’était le fait que Georges sortait parfois le soir. Et rentrait tard. Parfois au lever du jour. Il avait essayé d’aborder le sujet de façon détourné mais parvenir à ses fins. Georges répondait de façon évasive. Puis un jour il lui répondit que toute vérité n’était pas bonne à savoir. Le regard glacial qu’il lui avait lancé ce jour là avait mit fin définitivement à la question. Après tout il ce moquait de ce qu’il faisait ; Il lui avait apporté tellement de bonheur…
    Le bonheur... Oui cela aussi le tracassait, il sentait bien auprès de lui. Et il en avait honte. Il avait fini par ce rendre à l’évidence. Qu’il l’aimait de façon anormale, malsaine. Pour ne pas dire abjecte. Il avait voulu se confesser à un prêtre mais même comme ça il n’avait pas eut le courage de l’avouer. A cette époque un tel sentiment était quelque chose d’impardonnable. Une tare effroyable. Il ne pouvait pas se permettre de telles pensées ; Alors il décida d’un grand sacrifice. Il décida de quitter Georges. Il quitta tout ce qui faisait son bonheur depuis des années. Sans réfléchir, de nuit sans rien emporter. Que sa honte et son chagrin.
    Il attendit que Georges fut sortit pour s’en aller dans la neige et le froid. Il grelottait depuis plusieurs heures, en se demandant s’il avait bien agit. Il était sûr maintenant qu’il allait mourir de froid.
    -Bien sur que tu va mourir de froid, pauvre imbécile.
    Il n’eut pas le temps de réagir, qu’un manteau s’abattit sur lui, et qu’il fut soulevé de terre comme s’il n’avait pas de poids.
    -Qu’est ce que c’est que cette nouvelle lubie ? Tu veux bien m’expliquer ?
    -Georges ?
    -Oui c’est moi ! Qui veux tu que ce soit ? Tu mériterais une bonne raclé ! vraiment !
    -J’ai honte de moi, tu sais ?
    -Non je ne sais pas ! Je ne comprends pas ce qui t’a pris de vouloir me quitter comme un voleur !
    Arrivé à la maison Georges le déposa sur le fauteuil du salon, Jérôme remarqua la marque de sang à la commissure des lèvres de son ami :
    -Tu t’es battu ? Tu es blessé ;
    -Ne t’occupe pas de ça ! lui répondit-il sèchement ! Alors ? J’attends une explication ?
    Alors, cédant à pression de son ami, qui placer derrière lui, exerçait de forte pression sur ses épaules, il lui avoua en sanglotant son « horrible crime »
    Il lui dit simplement :
    -jeune sot ! En lui tapotant affectueusement la joue.
    Puis il sortit de la pièce, en lui intimant l’ordre de ne pas bouger.
    Il revint quelques instants plus tard avec deux tasses fumantes, contenant le fameux breuvage qu’il aimait tant.
    -Bien ! Parlons entre hommes !
    Et la conversation qui suivit, lui fut des plus surprenantes. Georges lui demanda avec de nombreuses métaphores jusqu’où allait ses sentiments. C’était la première fois de sa vie qu’il avait ce genre de conversation. Quand il comprit ce à quoi Georges faisait allusion, il resta sans voix.
    -Alors ? Tu souhaites aller jusque là?
    -TU ES FOU! BIEN SUR QUE NON!
    -Je ne te fais pas de proposition voyons ! répondit Georges amusé par la réaction de son protégé mais aussi par le fait qu'il venait enfin de le tutoyer. Tu as simplement une confusion de sentiment, as ton âge c’est une chose parfaitement normale. Surtout avec la vie que tu as eus… Bien, Maintenant que le problème est réglé, termine ta tasse de chocolat et va te coucher.
    -Je suis désolé, je me sens tellement stupide.
    -Mais non. La prochaine fois que tu as un problème de conscience, je préfère que tu m’en parles c’est tout.
    Il s’endormit en grelottant, pensant qu’il avait pris froid.
     
    C’est une semaine avant l’anniversaire de la disparition d’Amanda que sa vie bascula. Ce jour là, il s’était levé avec l’impression d’avoir de la fièvre, il avait le nez qui coulait mais comme c’était l’hiver et que son escapade nocturne remontait à quelques jours seulement, il estima que s’était normale et ne s’en inquiéta pas. Georges était partit pour la semaine en lui faisant jurer de ne pas faire de bêtises. Il ne savait pas où il était allé, mais il ne cherchait pas à savoir, estimant que ça ne le regardait pas. Il savait seulement qu’il devait rentrer dans trois jours. C’était l’anniversaire du “départ’’ d’Amanda, et il devait être présent pour accueillir ses curieux amis. Qui avaient promis de revenir pour l’occasion.
    Dans le courant de la journée, Jérôme sentit la chaleur l’envahir alors bêtement, il décida de sortir dehors sous la neige pour se rafraîchir. Il alla s’asseoir sur le vieux banc de pierre et il regarda les flocons de neiges tomber. Il se sentit mieux. Puis il se sentit mal. Il voulu se lever, renter à la maison, mais il n’eut pas le temps de regretter sa bêtise. Il s’effondra inerte dans la neige épaisse et tombante, qui le recouvrit presque aussitôt.
    Il ne du la vie qu’a un chien désobéissant et à la petite fille qui jouait avec.
    -Lechien ! Tu n’es qui sale bête on ne rentre pas chez les gens comme ça ! Je vais le dire à papa et à maman ! Tu va voir ça va être ta fête… Mais qu’est ce que tu as trouvé ? Laisse ça c’est seulement un paquet de vieux chiffons.
    Elle s’approcha, et quand elle entendit le “paquet de vieux chiffons’’ gémir, elle prit peur et couru à toute vitesse vers la maison toute neuve à plusieurs centaine de mètre de là.
    Quelques minutes après, elle revenait en courant derrière son père qui marchait à grand pas.
    -Si tu m’as raconté des blagues Aliénor, tu seras puni !
    -Je vous jure père que c’est la vérité. Il y a quelqu’un en train de mourir dans le jardin de la maison du monsieur bizarre.
    -ALIENOR !
    -Mais papa c’est vrai ! Le monsieur il est bizarre !
    -Aliénor, ça suffit ! On ne parle pas des ...OH seigneur !
    Le père de famille lâcha la main de la petite fille et couru vers le chien qui jappait en léchant un jeune homme allongé dans la neige en essayant vainement de le dégager.
    -C’est bien Lechien, c’est bien.
     
    Il se réveilla à l’hôpital dans un état lamentable. Epuise, souffrant terriblement. La médecine de l’époque, laissait vraiment à désirer. Le médecin qui s’occupait de lui n’avait rien trouvé de mieux que prescrire des saignées pour le soigner.
     
    Georges rentra à la maison trois jours après comme prévu. Il était revenu avec Edgard et Eléanore dans une superbe calèche avec cocher. Ses amis étant des gens très fortunés.
    Ils étaient à peine rentrés chez lui, qu’une petite fille s’approcha en courant et lui raconta très vite
    que :son-chien-qui-s’appeleait-“Lechien’’-avait-trouvé-un-cadavre-dans-son-jardin-et-que-ce-n’était-pas-un-vrai-cadavre-puisqu’il-faisait-encore-du-bruit-et-que-son-papa-l’avait-emmené-à-l’hôspital-et-ne-lui-dite-pas-que-je-vous-l’ai-dit-parce-que-sinon-mon-papa-il-va-me-punir-parce-que-mon-papa-ne-veux-pas-que-je-parle-aux-gens-que-je-ne-connais-pas-merci-beaucoup-au-revoir-monsieur.
    Et la petite fille partit en courant.
    Georges entra brutalement dans la maison froide en appelant Jérôme en vain.
    Ils partirent ensembles vers la maison neuve Georges parla un court instant avec son voisin en lui demandant de ne pas disputer la petite fille qu’il remercia d’avoir trouvé son “neveux’’ Et il parti à l’hôpital à toute vitesse.
    Ils arrivèrent dans un immense hall d’entée avec une femme acariâtre assise derrière un bureau.
    -On vous emmené un jeune homme il y a trois jours ! Où est-il ? demanda Georges
    -Attendez votre tour Monsieur répondit la femme d’un air pincé.
    -OU EST-IL ?!
    -Attendez votre tour ! Gronda la mégère !
    -JEROME ! Appela-t-il en courant dans les couloirs
    Eléanore le rattrapa dans le couloir :
    -Calme-toi mon ami.
    Dans le hall la bonne femme acariâtre commençait à faire scandale en disant quelle allait le faire enfermer, qu’elle allait faire appeler les gens d’armes  et que…
    -Où est le jeune homme ? Demanda froidement Edgard en la regardant fixement dans les yeux.
    -Il est là haut, à l’étage. Dans la grande salle du fond répondit-elle docilement l’air hagard.
     
    Ils arrivèrent tous les quatre, le cocher y compris en courant conscients que le “petit’’ était en danger :
    -LACHEZ-LE ! hurla Georges e entrant dans la salle entourée de lits de malades mal en point.
    -Georges au secours par pitié.
    -NE LE TOUCHEZ PLUS !
    -Mais voyons monsieur nous sommes en train de le soigner.
    -LE SOIGNER ? EN LE SAIGNANT COMME UN LAPIN ?
    -Je t’en supplie Georges sort moi de là.
    -Ne t’inquiète pas gamin plus personne ne te fera de mal.
    -Je vous interdis…
    -QUOI ?
    -Ne touchez pas à MON malade, ou je vous fais jeter en prison.
    La fin de la phrase s’étrangla dans sa gorge au moment où le cocher le saisi par le cou pour le soulever e terre. Les étudiants avides d’expériences qui maintenaient Jérôme le lâchèrent pour se jeter sur le cocher.
    Georges et Eléanore profitèrent de la confusion pour détacher le pauvre Jérôme sanglé sur son lit, les bras meurtris presque noirs et qui avaient doublé e volumes à cause du (mauvais) traitement qu’on lui avait infligé ces trois derniers jours.
    Georges le pris dans ses bras. Eléanore le couvrit de sa cape de fourrure blanche.
    Et ils s’éloignèrent de la salle aussi vite qu’ils purent. Une infirmière encore plus pincée que la précédente, et bâtie comme deux hommes, essaya de s’interposer. Mais la gracile Eléanore
    Lui envoya une gifle du revers de la main avant qu’elle ait ouvert la bouche. Et, chose surprenante, cette simple gifle envoya bouler l’autre harpie à plusieurs mètres de là.
     
    Ils arrivèrent au dehors en courant et se jetèrent dans la calèche avec à leurs trousses Edgard et le cocher qui avançait à grandes enjambées en se débarrassant à coups de claques de leurs poursuivants, qui finirent quand même par cesser leurs chasses.
     
    Le cocher sauta sur son siège.
    -Vite à la maison ! ordonna Edgard.
    Le chemin du retour paru terriblement long à Jérôme qui avait l’impression qu’il était en train de mourir.
    IL se sentait faible et ses bras lui brûlaient et il n’arrivait pas à les bouger.
    Eléanore lui parlait dans une langue qu’il ne comprenait pas, en lui caressant le front. Il ne savait pas qui était ces gens mais il se doutait qu’il s’agissait du couple d’amis qui n’avaient pu être présent aux obsèques d’Amanda l’année passée. IL sombra dans l’inconscience juste avant d’entrer dans la maison.
    Il se réveilla dans son lit, soulager de ne plus être dans cet horrible endroit qui portait le nom d’hospital et où on tuait plus de gens qu’on en soignait.
    On lui avait entourés les bras de linge humides qui lui faisaient le plus grand bien. Il n’avait presque plus mal. Mais il était faible, si faible. Il aurait voulu appeler quelqu’un car il se sentait bien seul dans sa chambre sans personne à ses cotés. Peut être que son ami Georges était dans le couloir ? Il tendit l’oreille à la recherche d’une présence proche.
    Et, De même que les yeux s’habituent à l’obscurité, son ouïe s’affina. Il perçu des bribes de conversation venant de l’étage de dessous.
    Il comprit un peu plus tard que le son venant de la cuisine passait par le conduit de la cheminée.
    -Il n’est pas près ! Il est bien trop jeune ! Il reconnu de suite la voix rassurante de Georges
    -Je sais ! Mon ami ! Je sais ! Mais avec e que ces charlatan lui ont fait endurer, il n’en a plus pour bien longtemps. Je le crains il a perdu trop e sang ! C’était la voix de d’Edgard.
    -Perdu ? Ces salauds l’on saigné comme on saigne une bête ! Oh mon Dieu ! Il avait presque des sanglots dans la voix Jérôme en fut touché. Ainsi lui aussi avait des sentiments un peu troubles.
    -Torqué mon ami calme toi. Nous pouvons le sauver. Il suffit de ne pas faire le processus en entier. 
    « Encore ce nom étrange ? Quel processus ? »
    -C’est possible ?
    -Oui. Enfin en théorie. Je ne me souviens pas que la chose ait été testée. Mais ça doit pouvoir se faire.
    -Et le résultat ?
    -Il restera envie. Il vieillira moins vite. Jusqu'à ce qu’il ait atteint l’âge requis ou choisi pour être totalement initié.
    -Et comment faire ?
    -Tu lui donneras ce dont il a besoin.
    -MOI ? Mais c’est impossible voyons. Nous sommes de même…
    -C’est interdit d’initier, pas de donner. Et puis tu te serviras d’une lame et d’un verre. Et de toute façon nous n’avons pas le choix. Ce garçon plait beaucoup à tout le monde. Il est digne d’être des nôtres. Mais il nous faut ton accord.
    -C’est d’accord !
    -Alors dépêche-toi avant de changer d’avis.
    Jérôme essaya de comprendre l’étrange conversation. On parlait de lui ? Allait-il mourir ? Et de quoi parlait Edgard ? C’était quoi cet acte qui effrayait tant son ami ?
    Fatigué d’essayer de comprendre il se rendormi. A son réveil il décida qu’il avait rêvé à cette conversation qui n’avait aucun sens tangible. Il faisait déjà presque nuit et il se voyait partir pour nuit blanche. Il détestait être malade. Rien à faire dans la journée, on finissait par s’endormir pour se réveiller au moment où tout le monde dort ce qui rend les nuits infernalement longue et ennuyeuses.
    Georges entra dans la chambre, lui apportant un frugal repas : un simple bol de bouillon et un peu de pain.
    -Comment ça va e soir ?
    -Bien.
    -Vraiment bien ?
    -Presque. Tu as vu : il neige dit-il d’une voix faible montrant la fenêtre.
    -OUI en effet répondit Georges en s’approchant de la fenêtre. La neige qui couvrait le parc avait l’air bleue avec le début de l’obscurité, mais il ne tombait pas un seul flocon.
    -Tu veux manger quelque chose ? Demanda Georges en s’efforçant de cacher son inquiétude
    -Pas faim.
    -Il faut manger Jérôme.
    -non…pas.
    -Bois au moins un peu de bouillon. Je vais t’aider à t’asseoir.
    Il l’installa non sans mal en position assise. Calant son dos avec des oreillers. Jérôme remarqua un fin bandage autour de son poignet.
    -blessé ?
    -Ce n’est rien allez, bois.
    Jérôme remarqua la couleur rosâtre du liquide. Curieux pour du bouillon de légumes.
    -c’est quoi ?
    -C’est du bouillon. Bois !
    -c’est quoi ?
    -Ne t’inquiète pas voyons. Allez bois. Tu n’a pas confiance en moi.
    -si.
    Georges avait trouvé les bons mots à dire. Et finalement il bu le mystérieux liquide. Il commença par une gorgée hésitante et le gout métallique le rebuta.
    -C’est quoi demanda-t-il d’une voix plaintive ?
    -bois ne t’occupe pas de ce que c’est avale !
    Le ton, était sec, autoritaire.
    - Calme-toi Jérôme, la voix douce d’Eléanore le rassura. C’est un médicament, un simple fortifiant, le gout en est épouvantable c’est pourquoi je l’ai mélangé au bouillon. Mais il faut que tu le prennes car c’est un produit très efficace. D’accord ?
    - …
    Elle aussi savait trouver les mots qu’il fallait.
    Résigné il bu la totalité du bouillon en ayant quelque haut-le-cœur. Georges resta auprès de lui jusqu'à ce qu’il s’endorme. Et il ne remarqua pas le coup d’œil complice que les deux “amis’’ échangèrent.
     
    Il se réveilla le lendemain en se sentant mieux. Il reconnu effectivement l’efficacité du produit immonde qu’on l’avait obligé d’avaler la veille. Georges entra dans la chambre lui apportant le même liquide que la veille à la différence qu’il était légèrement plus foncé. Et il le bu avec la même réticence. Et les jours qui suivirent Georges lui apporta le même “repas’’ cinq fois par jour. La même substance immonde qu’il devait avaler. Et à chaque fois la substance était plus foncée et plus épaisse. Il avait de plus en plus de mal à l’avaler. Les dernières fois ils failli même de se mettre à pleurer ; Mais Georges se montrai de plus en plus intrangisant. Voire sévère. Et le plus inquiétant, c’était que ses amis attendaient dans le couloir. Il avait l’impression qu’ils allaient se jeter sur lui s’il refusait d’avaler son “bouillon’’….
     
    Il se promenait dans une forêt. Il ne comprenait pas ce qu’il faisait là. Il était malade, il devait être dans son lit. Comment était il sortit de la maison alors qu’on le laissait à peine sortir de sa chambre. Juste pour aller au petit coin. Peut être étai-il sortit par la fenêtre ? Mais non c’était impossible c’était bien trop haut. Mais le plus étrange ce n’était pas le fait qu’il était dans une forêt. Non, Le plus étrange c’était la couleur de la forêt. Elle était. Elle était. Elle était ROUGE. Les feuilles les branches, l’écorce des arbres tout était rouge.
    -Mais quel est cet endroit ?  
    Les troncs des arbres, ils avaient une drôle de forme.
    -On dirait des …. Des… HUMAINS ! OH seigneur ! OU SUIS-JE ?
    -Il Pleut. Mais ce n’est pas de la pluie. C’est rouge. OH NON c’est du sang. Une pluie de sang !
    Il s’approcha d’un arbre. Approcha ses mains de ce qui avait vaguement la forme d’un visage humain. Essuya la pluie de sang qui le recouvrait. Le corps semblait prisonnier de l’écorce. Le dos collé à l’arbre. Il découvrit le visage. Et il le reconnu.
    -VOUS C’EST VOUS !
    Le directeur du bagne. Celui qui l’avait si souvent battu, brimé, humilié. En même temps qu’il avait découvert le visage qui le fixait d’un regard morne. Les autres visages sur les autres arbres, se dégagèrent à leurs tours. Il les reconnut.
    -VOUS VOUS TOUS !
    Ils étaient tous là. Le juge qui l’avait envoyé au bagne, les soi-disant professeurs. Le sois –disant infirmier du bagne. Les sois-disant médecin qui voulait le saigner. Ils étaient tous là.
    Prisonniers suppliants qu’on les libère. Et cette pluie qui n’arrêtait pas de tomber et qui allait tout ensevelir.
    Mais le pire. OUI le pire c’était que cela lui plaisait…
     
    -NOOOOOON…
    -JEROME ! Calme-toi, c’est rien calme-toi. Tu as fais un cauchemar. Ca nous arrive à tous. Ce n’est rien. Calme-toi.
    -C’était horrible : il y avait du sang, du sang… tous ce sang !
    -C’est fini Calme-toi. Il faut prendre ton “médicament’’ maintenant
    -Non. Je n’en veux pas ! Je n’en ai plus besoin. Je n’en veux pas.
    C’était la fin de la semaine. Georges lui tendit un liquide rouge. Rouge foncé et visqueux qu’il refusa d’avaler e toute ces forces.
    -BOIS ! ordonna Georges.
    -NON c’est répugnant, je refuse d’en avaler d’avantage.
    -Voyons mon chéri c’est ce qui t’a sauvé la vie, ne l’oubli pas.
    -Mais je vais bien maintenant. Je n’en ai plus besoin.
    -C’est la dernière fois, c’est promis.
    Il tendit la main pour se saisir du verre. Mais il ne reconnaissait pas son ami. Sa façon de parler si énigmatique, ce ton si mystérieux. Ces manières presque menaçantes.
    -Mais c’est répugnant ! Je suis sur que c’est ce truc qui me donne des cauchemars.
    -Bien sûr. Mais ce n’est pas répugnant. Tu t’y habitueras tu verras tu feras comme moi, comme les autres, comme nous tous.
    Jérôme c’était levé d’un bon.
    -Tu vois bien que je vais mieux, je tiens debout.
    -Bois !
    Il eut l’impression que ses yeux avaient changé de forme et de couleurs ;
    -Qu’est ce qui t’arrive ?
    -A moi ? Rien du tout ! C’est à toi qu’il arrive quelque chose ! BOIS c’est un ordre. Il souriait
    « OH mon dieu ses dents »
    Jérôme recula instinctivement.
    -Ne sois pas bête voyons il y a le mur derrière toi !
    Il lui tendit le liquide rouge foncé
    -Non je ne veux pas. Puis il regarda le poignet toujours enveloppé d’un bandage. Et puis c’est quoi cette blessure ?
    Le sourire de Georges s’élargie en guise de réponse.
    -Tu ne comprends pas, je sais. Je comprends ce que tu ressens. BOIS
    Jérôme tendit une main tremblante, résigné, pris le verre que lui tendait Georges, le porta à ses lèvres, et, au dernier moment, il le renversa par terre en toisant son parrain du regard. Il prit même soin de secouer le verre pour s’assurer qu’il soit bien vide.
    La réponse ne se fit pas attendre. Georges s’approcha brutalement de lui. Et lui flanqua une magistrale pair de gifles qui lui arracha un cri de douleur et le jeta assis par terre.
    -Il y a un problème ? Demanda Edgard qui venait d’entrer dans la chambre ;
    -Tout va bien au contraire, il est en pleine forme. Il doit juste avaler le dernier verre et ce sera parfait.
    -Non, je refuse ! Pleurnicha Jérôme en se tenant les joues brulantes.
    -On a de la suite dans les idées, c’est bien déclara Edgard, cynique en se rapprochant du garçon terrifier. Puis il cria en direction de la porte : ENTREZ !
    Et ils entrèrent. Tous ! Il les reconnut. Les étranges amis aux manières si curieuses, qui se passaient la langue sur les dents en le fixant avec insistance.
    -Ce n’est qu’une façon se saluer. Chéri. Lança une voix cynique.
    Eléanore entra à son tour tenant dans ses mains un plateau d’argent, et sur ce plateau un énorme verre en cristal contenant le fameux liquide rouge.
    -Je savais bien qu’il fallait prévoir un second verre. Dit-elle d’un ton triomphant.
    Le pauvre garçon se recroquevilla sur lui-même en faisait non de la tête. Il ne vit pas Georges se saisir du verre. Mais il l’entendit lui dire :
    -Comme tu l’as remarqué, ce verre-là est beaucoup plus gros que l’autre. C’est pour te punir !
    Il n’eut en réponse qu’un gémissement. Et il se resserra d’avantage sur lui-même complètement désespéré.
    Ils l’entendirent marmonner quelque chose à travers ses sanglots.
    -Qu’est ce que tu dis poussin ?  demanda Ambre.
    -…
    “Elle’’ s’approcha de lui et s’abaissa à sa hauteur
    -Qu’est ce que tu dis ? Dit moi ?
    Elle l’enlaça avec tendresse et s’approcha de son visage.
    -Qu’est ce que tu dis mon poussin ? demanda-t-“elle’’ avec tendresse.
    Puis “elle’’ se redressa. Mais bien sûr que c’est du sang ! Qu'est ce tu croyais ?
    Il y eut un vague éclat de rire dans le groupe. Qui s’arrêta net quand le bruit claqua comme un coup de fouet !
    Edgard avait fait claquer ses doigt en montra du pouce la direction de la porte et ajouta :
    -LES FEMMES DEHORS !
    Elles sortirent en silence.
    -Courage poussin dit l’une d’elle.
    -J’AI DIS DEHORS ! ET EN SILENCE !
    Jérôme sentit une violente nausée s’emparer de lui. La peur lui dévorait l’estomac.
    -Ca va allez.
    IL eut l’impression que ces mots rassurant étaient plus destiné à Georges qu’a lui-même. Et il ne se trompait pas.
    Un deuxième coup de fouet sembla claquer dans la chambre. Edgard avait associé le claquement de ses doigts en pointant son index sur le corps tremblant de peur. La minute suivante, il se retrouva allongé par terre au milieu de la chambre. Edgard l’avait agrippé par les cheveux. Deux autres par les poignets et deux autres encore par les chevilles. Ils le maintinrent fermentant par terre s’aidant de leurs deux mains. Edgard s’agenouilla par terre lui posant la tête sur ses genoux il avait une main sur son front brulant, et l’autre main lui ouvrait la bouche de force. Et Georges le força à boire le verre qui contenait son propre sang en prenant son temps pour ne pas l’étouffer et pour ne pas perdre la moindre goutte du précieux liquide. Et à la fin, il se rendit compte que cela lui procurait du plaisir.
    Puis ils le remirent debout.
    -Soit le bien venu parmi nous petit, lui dit Edgard.
    Et pour la première fois depuis des siècles, voire des milliers d’années, ses amis le virent sourire et il découvrit se dents pointues et ses amis découvrirent eux aussi leurs dents toutes aussi pointues, si pointues.
     
    C’était le jour de l’anniversaire de la mort d’Amanda.
     
     
                                                                                                            
                                              

                                                                                                                           

         à suivre : La révélation >