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    Pour une fois il rentra chez lui sans aucune appréhension. Il n'avait pas cette angoisse qu'il ressentait à chaque fois, la crainte d'une nouvelle visite, celle d’être agressé par son visiteur comme cela arrivait chaque fois qu'il tardait à comprendre ce qu'on voulait de lui. Cette fois au contraire, sans s'en rendre compte, il était content de retrouver son fantôme . Avec celui-là, il pouvait discuter, il pourrait lui dire ce qu'il avait découvert, lui demander conseil, échanger, parler.

    Il lâcha même. :

    -Maxime ! Tu es là ? Je suis rentré !

     

    En triant son courrier il repensa à ce que leur avait fait comprendre la « Gazette ». Comment la voiture avait-elle pu quitter la route sur une route sèche et conduite par un conducteur expérimenté qui ne prenait jamais aucun risque ? De plus avec deux enfants , une épouse et un bébé à venir.

    Du coin de l’œil, il aperçut une forme floue et transparente, il se retourna vers elle un léger sourire aux lèvres, qui se figea. Ce n'était pas Maxime. C'était Frédéric, son frère. La déception lui donna comme un coup de poing au ventre.

    L'adolescent avait les yeux noirs des esprits en colère.

    Sur un ton rempli de reproche il lui lança :

    -Alors ! Vous n'avez rien compris ?

    Et disparu aussitôt.

    -Maxime ?

    Mais Maxime ne se montra pas ce soir-là.

     

     

    ***

     

    Je peux compter sur toi? &5

     

     

     

     

     

    Une demi-heure ! Ça faisait une demi-heure que la psy répondait à ses questions par une autre question. Il avait fini par s'y habituer, puis par s’en, lasser. Ça faisait des mois qu'il la voyait, et pour quoi ?

    Dans quel but ? Il jouait le jeu bien qu'à contre cœur. Il lui avait parlé de sa dernière apparition, et se le reprocha aussitôt. Trop tard.

    -Vous semblez vous être attaché à cet enfant Mathias.

    -Gréco. Appelez-moi Gréco. Tout le monde m’appelle Gréco.

    -Pourquoi pas Mathias ? J'aime bien Mathias, C'est joli Mathias.

    -Je préfère Gréco c'est tout.

    -Vous ne devriez pas vous attacher autant. Vous savez très bien comment tout cela va finir. Ça va être douloureux pour vous, vous ne devez pas vous imposer ça.

    -Je lui est promis de l'aider et j'irais jusqu'au bout.

    -Je ne parlais pas de ça, vous le savez.Ce n'est pas votre enfant, ni celui que vous auriez pu avoir.

    -Je ne suis pas là pour parler de ma vie !

    -Alors pourquoi êtes-vous là alors ?

    -C'est bien ce que je me demande. Et à chaque fois que je viens.

    -Vous n'avez pas le choix, vous le savez.

    -Ça me fait perdre mon temps, et le vôtre aussi.

    -Nous avons pourtant progressé depuis la première séance. Vous ne trouvez pas ?

    -Et comment ?

    -Ça c'est à vous de me le dire.

    -Vous ne répondez jamais aux questions. Vous posez toujours une autre question.

    -En quoi trouvez-vous cela gênant ?

    -C'est bon j'ai compris. J'ai ma dose pour aujourd'hui.

    Il se leva énervé :

    -J'ai une enquête à poursuivre.

    -Nous n'avons pas fini Mathias.

    -Moi si ! Et je vous ai dit de m'appeler Gréco, personne ne m'appelle Mathias.

    -Tiens vous avez changé de formule.

    -Quoi ?

    -D'habitude vous dite « tout le monde m'appelle Gréco » et là vous venez de dire « personne ne m'appelle Mathias » ;

    -Et après ?

    -Vous passez de l'affirmatif au négatif. Pourquoi ?

    -Zuut...

    Il sortit en claquant la porte.

    « ras le bol de toutes ces conneries ».

    Il n'avait qu'une envie.Se tirer d'ici.

     

      ***

    Comme il ne conduisait plus depuis son ''accident'' il partit à pied. Se pressant le plus vite possible.

    Les paroles de la psy lui agaçaient les neurones :

    « Vous ne devriez pas vous attacher, ce n'est pas votre enfant. »

    Plusieurs personnes qu'il croisa sans les voir se retournèrent vers lui : cet homme à la démarche bizarre, rapide, le bas de la paume de la main collée sur la tempe.

     

    Saletés de migraines !





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